Parlons du deuil

Publié par Laurène Erenst
Le 06/10/2025

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En savoir plus sur le deuil

Le mot « deuil » peut être utilisé dans de nombreux contextes, bien au-delà du décès d’un proche. C’est un processus qui peut s’appliquer à toute forme de perte : une relation (amoureuse, amicale…), un changement de statut (passer de travailleur actif à retraité), l’abandon d’un idéal (une performance sportive, une carrière…), ou encore la fin d’« une vie d’avant » (devenir parent, par exemple).

Bien que ces situations soient différentes de la perte d’un être cher, elles peuvent susciter une douleur réelle et une profonde incompréhension face à l’intensité des émotions vécues.
Je vous propose aujourd’hui d’aborder le deuil tel qu’il est défini dans le Robert : « Douleur, affliction que l'on éprouve de la mort de quelqu’un. »

Le deuil, une expérience intime

Même si certains auteurs, comme E. Kübler-Ross, ont théorisé le deuil en y associant plusieurs étapes, il existe autant de manières de vivre un deuil qu’il y a de personnes endeuillées.
Certains vont avoir tendance à se replier sur eux-mêmes, d’autres à rechercher le contact.
Il est possible de ressentir toute une palette d’émotions : colère, tristesse, sidération voir même un sentiment d’être spectateur de la réalité qui peut être confondu avec de l’indifférence.
On peut idéaliser le défunt, ressasser des souvenirs, ou même lui en vouloir de nous avoir abandonné.
Les relations avec les autres sont souvent impactées : les places au sein du groupe familial ou amical se redéfinissent.
Des troubles du sommeil, de l’appétit, du comportement, ainsi qu’un sentiment de culpabilité peuvent également apparaître.
L’accueil de ces bouleversements nécessite du temps, de la patience et de la bienveillance envers soi-même.
C’est ce temps d’intégration qui permet, peu à peu, de donner du sens à ce qui est vécu et de s’accorder aux changements profonds qu’implique la perte.

L’ »urgence » à faire son deuil dans notre société

Aujourd’hui, nous vivons dans une société qui valorise l’efficacité et la rapidité en toutes circonstances. Il faudrait “faire son deuil” vite et bien, sans trop le montrer, et reprendre le cours de sa vie comme si de rien n’était.
Pourtant, le deuil est un processus à part entière qui demande une certaine temporalité ainsi que des rituels pour s’effectuer jusqu’au bout.
Autrefois, certaines coutumes donnaient au deuil un espace temps et des repères symboliques : porter du noir, rendre visite à la famille, les cérémonies…
Ces gestes avaient pour fonction de rythmer et d'accompagner le retour à la vie « normale » en ayant intégré la perte de la la personne disparue.
Leur disparition laisse souvent des zones en suspens, des émotions non exprimées, qui empêchent le processus de se dérouler pleinement.
Ces deuils “inachevés” peuvent ressurgir bien plus tard, parfois à l’occasion d’un événement en apparence anodin : la perte d’un animal, un changement de vie important (mariage, naissance, déménagement, perte d’un emploi...) , ou même le décès d’une personnalité publique.
Ce que l’on croyait apaisé refait alors surface avec la même intensité qu’auparavant.
Ces réactivations peuvent surprendre et être mal comprises par l’entourage, rendant la solitude encore plus difficile.

Que faire pour accompagner une personne endeuillée ?

Même si chaque deuil est unique, voici quelques clés pour accompagner une personne en deuil :

  • Faire preuve d’empathie : écouter sans chercher à trouver de solutions ni à apaiser à tout prix la tristesse. Une présence soutenante et silencieuse peut être la meilleure manière d’accompagner une personne en souffrance.

  • Accueillir les émotions contradictoires : tristesse et colère, amour et ressentiment peuvent coexister. Accepter cette ambivalence permet souvent d’avancer plus sereinement.

  • Aider à retrouver des repères : accompagner la personne dans la redécouverte d’un équilibre, d’un sens, d’une manière d’honorer le lien avec le défunt tout en poursuivant son propre chemin.

Quand demander de l’aide ?

Il n’est pas toujours nécessaire de consulter un professionnel pour traverser un deuil.
Cependant, lorsque les émotions semblent bloquées, restent trop intenses, ou que l’élan de vie peine à revenir, un accompagnement thérapeutique peut offrir un véritable soutien.
Travailler ensemble permet de comprendre ce qui se joue, d’apaiser la douleur et de retrouver vos ressources intérieures, à votre rythme.

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